Buenos Aires: Mort de l'ancien président Radical Raul Alfonsin

Publié le par prg National

L'homme du «Nuremberg argentin»

 

Raul Alfonsin, à la tête de l'Argentine entre 1983 et 1989, et sous la présidence duquel fut jugé le dictateur Jorge Videla, est mort mardi soir d'un cancer, à l'âge de 82 ans. L'ancien président radical fut le premier homme politique à vaincre le péronisme dans les urnes grâce à un large soutien des classes moyennes et populaires.

 

Premier chef de l'état élu après la fin de la dictature militaire qui a dirigé l'Argentine entre 1976 et 1983, Alfonsin restera comme le président du «Nuremberg argentin», comme on appelle le procès, en 1985, de la junte militaire, en référence au procès de nazis après la Seconde guerre mondiale. Le monde avait alors appris la cruauté des crimes de la junte: 30 000 personnes torturées puis exécutées clandestinement.

Mais l'euphorie des débuts de la démocratie durera peu. Dès 1987, Raul Alfonsin devait céder devant un nouveau soulèvement militaire, choisissant, malgré les manifestations de soutien de millions d'Argentins, de négocier avec les mutins. Ces derniers imposeront alors une loi d'amnistie qui permettra pendant des années aux militaires tortionnaires d'échapper à la justice. Il faudra attendre la présidence Kirchner (2003-2007) pour que les procès soient rouverts.

 

Raul Alfonsin est aussi l'homme de la paix avec le Chili, qui a mis fin au différend sur le canal de Beagle, à l'extrême sud du pays, à l'issue d'un référendum l'autorisant à faire les concessions nécessaires. Il aura enfin donné au Mercosur, le marché commun de l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay, son coup d'envoi et son impulsion en signant avec son homologue brésilien José Sarney un accord sur l'industrie automobile.

Hier, dans un communiqué, Jean-Michel Baylet, président des Radicaux de gauche a tenu à lui rendre hommage :"Raul Alfonsin, était un homme d'état prestigieux, militant des droits de l'Homme. Il a permis la chute des dictatures des généraux et ramené la démocratie en Argentine", affirme dans un communiqué le sénateur. "Militant radical de toujours, président de l'Union civique radicale, il était notre ami avant, pendant et après sa présidence. Les liens entre nous n'ont jamais cessé. Les radicaux du monde entier le pleurent". 

 

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