REGIONALES : LA GAUCHE CONFORTEE EN PICARDIE
Un score sans appel
Avec 310 672 voix et 48,28% des suffrages exprimés la Gauche rassemblée autour de Claude Gewerc l’a facilement emportée lors du scrutin régional du 21 mars. La Droite et sa liste « Envie de Picardie » menée par Caroline Cayeux plafonne à 32,43% et 208 679 voix (3% de moins que Gilles De Robien en 2004) mais le Front National qu’on pensait affaibli redresse très fortement la tète et améliore même son score régional de 2004 : 124 177 voix et 19,30% !
Cependant le faible nombre de conseillers régionaux en Picardie : seulement 57 ne permet pas de traduire ces meilleurs résultats en sièges. La Gauche passe de 34 conseillers à 35 : toujours 13 dans l’Oise et 10 dans l’Aisne et un de plus dans la Somme (12 au lieu de 11). Le Droite en perd un : 14 au lieu de 15 mais de fait comme deux élus de 2004 avaient créé le Modem l’alliance UMP-NC passe de 13 à 14 conseillers. Le FN reste à 8 et c’est déjà beaucoup !
Stabilité du PS mais bouleversement des équilibres à Gauche
A l’intérieur de la « Gauche rassemblée » le Parti Socialiste reste stable avec 18 conseillers régionaux comme en fin de mandature précédente, ce sont les équilibres du reste de la Gauche qui sont bouleversés. Les communistes unifiés derrière Maxime Gremetz en 2004 avaient obtenu huit élus mais leur implosion en 2010 leur a couté cher. Maxime n’a évidemment pas fusionné avec la liste de la Gauche malgré ses 6,20 % du premier tour. Le Front de Gauche qui avait gagné son challenge de passer les 5% pour fusionner s’est bloqué dans les négociations sur le sort d’Olivier Chapuis-Roux parti au Mouvement Unitaire Progressiste de Robert Hue et sur la liste de Claude Gewerc dès le premier tour. De manière inattendue la fusion n’a pu se faire et le Parti de Gauche emmenée par Marie Jeanne Potin et le PCF officiel n’auront pas d’élus durant cette mandature. Du coup les trois candidats vice présidents sortants étiquetés MUP seront les seuls élus se revendiquant de l’idéal communiste à Amiens.
Comme on le pressentait ces dernières années les Verts sous la bannière d’Europe Ecologie deviennent la deuxième force de Gauche : 10% des suffrages au premier tour et huit élus à l’arrivée dont notre amie anciennement Radicale Fatima ABLA. La non fusion du Front de Gauche a fait d’autres heureux : le MRC de Chevènement qui retrouve deux sièges comme dans le mandat 1998-2004 avec l’historique Michel Vignal qui a déjà siégé de 1992 à 2004 au CRP et Sandrine Goffinon d’Amiens qui est également passée par le PRG de 1997 à 2002.
Progression constante des Radicaux


Les Radicaux de Gauche continuent leur lente mais constante progression : deux sortants et trois entrants ! J’étais le seul Radical de 2000 à 2004, puis avec Fatima Abla nous étions deux de 2004 à 2010. Pour cette mandature Josiane BAECKELANDT, Fabrice DALONGEVILLE et Sylvie HUBERT représenteront le PRG dans l’enceinte Régionale. Les deux MRC ont décliné notre offre de composer un groupe « Radical-Républicain » et ont préféré être « apparentés PS ». Fidèles à notre volonté d’affirmation de notre parti et ses valeurs et de notre indépendance, nos élus ont composé un groupe PRG dont Fabrice assurera la présidence. Enfin, le 26 mars lors de l’installation du conseil qui a reconduit Claude Gewerc président de la région, Sylvie Hubert a été élue vice présidente à l’apprentissage. Il faut remonter à la vice présidence de Guy Moreau en 1980 pour retrouver un Radical-socialiste dans l’exécutif : 30 années ! Même si les circonstances sont particulières les Radicaux ont autant d’élus que les communistes, ce qui est également symbolique.
L’heure est maintenant au travail pour continuer à construire une éco-région solidaire et fraternelle. La Gauche a gagné 23 régions sur 26. Notre ami le député PRG Paul Giacobbi a mis fin au règne de la Droite en Corse et est devenu le premier président Radical d’une région. Un seul regret l’échec de Christiane Taubira dans sa tentative en Guyane : la Droite avait trouvé un Besson local dans la personne du maire socialiste de Cayenne et l’a emporté mais Christiane a renforcé sa position de seul leader de Gauche du territoire.
Cette victoire met la Gauche devant ses responsabilités : il est possible de gagner enfin la présidentielle de 2012 et stopper le train libéral lancée depuis 10 ans dans notre pays avant que les dégâts de cette politique deviennent irréversibles.