Quelle belle manif à Chantilly !...

Publié le par eric montes

Il faut reconnaitre que lorsque Béatrice Lejeune, la nouvelle secrétaire fédérale du PS de l’Oise, nous a invité en tant que responsables Radicaux à une réunion avec les dirigeants du PCF pour soumettre l’idée d’organiser une manifestation  le 20 décembre sous les fenêtres de la mairie de Chantilly dirigée par le ministre du budget Eric Woerth, nous fumes dubitatifs : il n’y avait pas de mots d’ordres précis, ou presque trop de sujets de mécontentement ; choisir le samedi matin d’avant Noel paraissait tardif ; la mobilisation des militants n’était pas assurée d’avance…L’idée venait des communistes qui s’appuyaient sur le ras le bol des citoyens des milieux populaires face à cette avalanche de mauvaises réformes vécues comme des agressions gouvernementales, la crise financière qui devient une crise  économique et sociale sans compter le pouvoir d’achat qui se réduit.  Les socialistes épuisés par des mois de querelle pour leur congrès voulaient enfin sortir de leurs problèmes internes et participer aux luttes…Déjà entraînés par les actions  pour la poste publique ou contre le service minimum dans l’éducation, nous avons accepté de co-organiser en se disant que finalement une dernière manif avant les fêtes ne pourrait pas faire de mal…

Mais c’est Eric Woerth lui-même qui va, sans le vouloir, devenir le principal mobilisateur et assurer le succès de l’initiative. Le jour où les trois dirigeants, Fabrice Dalongeville pour le PRG, Thierry Aury pour le PCF et Béatrice Lejeune pour le PS avaient convié la presse pour expliquer la démarche, le ministre-maire de Chantilly avait adressé une lettre de protestation vigoureuse aux trois partis, à leurs secrétaire nationaux (Jean Michel Baylet, Marie George Buffet et Martine Aubry) et même au préfet, exigeant l’abandon de cette manif « de Noel ». Il n’en fallait pas plus pour remonter tout le monde, crier au déni de démocratie et en appeler à la réponse militante sur le terrain. Les médias se firent un plaisir de publier la lettre de Woerth et notre indignation...

La météo s’est faite plus clémente ce samedi matin  et nous nous sommes retrouvés près de 500 élus et militants Radicaux, communistes, socialistes et  syndicalistes de la CGT et de Sud, hilares et heureux de se retrouver devant la mairie de la cité du cheval !  Les conseillers généraux se pressaient autour de leur président Yves Rome. Sur 11 conseillers régionaux  isariens de Gauche huit avaient fait le déplacement dont Claude Gewerc, président de la Région en personne ! Des maires et des adjoints arrivaient ceints de leur écharpe tricolore. Les militants brandissaient drapeaux et banderoles et les sections syndicales affichaient le sigle de leur entreprise : CHI Clermont, Montupet Arcelor. Les élus Radicaux avaient répondu présents à l’appel de leur président Fabrice Dalongeville: les conseillers régionaux, Fatima Abla et Eric Montes, et généraux, Thierry Maugez et Joël Patin, les élus municipaux, Josiane Backelandt, Christine Borderias, Aicha Oyono, Lucienne Jean, Fanny Guignon, Christophe Isaac…  Nous n’étions pas seuls : le sous-préfet de Senlis accompagnés du colonel de gendarmerie avait mobilisé de son côté une compagnie de gardes mobiles qui pour l’instant gardaient l’entrée principale de la mairie mais tout se passait dans la bonne humeur.

Voulant se dégourdir les jambes, nous avons improvisé une manifestation le long de l’avenue principale qui descend vers Lamorlaye en plaçant en tête de cortège la banderole conçue pour l’occasion « politique anti sociale de Sarkozy : çà suffit ! » signé PS-PCF-PRG.  Arrivés au rond point final un père Noel au visage de Sarkozy prenait la pose avec les militants pour des photos souvenirs. Nous voulions revenir vers la mairie pour terminer la manifestation quand çà s’est gâté. Les gardes mobiles bloquaient l’avenue principale et nous empêchaient de continuer : stupeur amusée au début  et nous avançons quand même mais un deuxième barrage renforcé ne permet plus de passer. Jean Pierre Bosino, le maire de Montataire et Philippe Massein, conseiller régional, vont discuter avec le sous préfet qui dirige les opérations mais celui ne veut rien entendre.  Une marseillaise chantée à tue tête lui répond et les médias réalisent à chaud de belles interviews indignées. Le cortège fait demi-tour vers la gare pour rejoindre l’avenue qui ramène au centre ville mais au bout de 500 mètres nouveau barrage policier qui s’étend même aux petites rues adjacentes. La tension monte, certains veulent passer en force et s’ensuit une bousculade. Laurence Rossignol, vice présidente de la région prend le mégaphone et ramène le calme tout en dénonçant cette « souricière » qui ressemble de plus en plus à une provocation organisée par les autorités pour faire dégénérer la matinée. Après quelques minutes le sous préfet réapparait et demande à ce que les élus enlèvent leurs écharpes et que tous baissent leurs drapeaux et banderoles pour qu’il autorise les gardes mobiles à desserrer l’étau !  Le Ministre-Maire ne voulait plus de manifestants devant la mairie et le centre ville ! Pendant la dispersion dans le calme une partie de la compagnie de gardes barricadaient encore l’entrée de la mairie dès fois qu’il nous vienne l’idée d’y retourner pique niquer.

Visiblement, et le reportage de France 3 Picardie du soir le prouvera, Eric Woerth n’a pas du tout apprécié cette manifestation sympathique qui rappelle ses fonctions ministérielles à ses administrés. Les dirigeants UMP picards ont pris l’habitude de la double attitude : à Droite toute à Paris et consensuel et local au pays mais notre initiative soulignait leur duplicité. Nous avons promis de recommencer à Compiègne chez Marini et même à Agnetz chez Edouard Courtial. Tous les isariens doivent savoir qu’ils sont aussi les responsables de la politique anti-sociale qu’ils subissent au quotidien.

 

cliquez pour visionner le reportage de France 3 Picardie du samedi soir:
http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=c80a_1920&video_number=2
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Publié dans actualité politique

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