Contre la loi Sarkozy sur l'immigration
Après le réquisitoire de Christiane Taubira, députée PRG de Guyane, je reprends ici une intervention de Patrick Braouezec, député Alternatives Citoyennes app PCF de Saint Denis, avec qui j’ai siégé au conseil municipal de 1989 à 1995. Quelles dispositions de cette loi te semblent les plus préoccupantes ?
P. Braouezec : Toutes ! Il y a surtout la question des dix ans : ramener dans son pays quelqu’un qui a respecté les principes de Tu as défendu 150 amendements au nom du groupe communiste, avec quel résultat ? Il n'y a guère eu de mobilisation des partis de Gauche contre ce projet ! Y partagerait on les vues du gouvernement sur l'immigration, sans l'avouer ? P. B. : La Gauche n'a pas eu toujours le discours assez clair et précis qui s'oppose à cette théorie. Si elle revient au pouvoir, elle devra abroger cette loi et ne pas finasser comme elle l'avait fait sur les lois Pasqua-Debré. Le principe doit être de régulariser ceux qui sont sur ce territoire pour régler des situations humaines, au sens de la justice. L'alternative n'est pas entre l'immigration subie ou choisie : ce doit être l'immigration partagée. Partager un projet commun en travaillant avec les interessés, avec l'ensemble de la société française et avec les pays concernés sur des politiques de coopérations publiques. Régulariser n’est ce pas provoquer un appel d’air ? P.B. : Il faut arrêter de fantasmer sur une invasion qui n’existe pas. L’appel d’air fondamental est la misère qui règne dans beaucoup de pays. Et une loi drastique comme on le voit aux USA n’y change rien. Comme sur les violences dans les quartiers cet automne, il y a sur l’immigration une fabrication d’images en direction de gens qui ne vivent pas ces réalités mais cela peut s’avérer électoralement payant.
P. B. : Nous avons essayé de faire que le projet soit le moins mauvais possible. Sur l’automaticité de la régularisation après dix ans de présence, çà a été une bataille féroce : Sarkozy a tout juste concédé que la commission nationale qui sera mise en place pour étudier les cas exceptionnels soit obligée d’étudier tous les cas de plus de dix ans. Nous avons réussi à faire adopter l’amendement pour ceux qui sont en centre de rétention de bénéficier au moins de l’aide au retour pour quitter le territoire : c’est minime !